Pourquoi j'apprends le métier de caviste ?

Dernière mise à jour : 17 déc. 2020


Cette année marque ma transition de plein pied dans le monde du vin. J’ai rejoint la cave Mi-Fugue Mi-Raisin en septembre 2020 en tant qu’apprenti caviste.


Avant cela, j’ai terminé un master en communication, en alternance. Ce fut 2 ans d’expériences enrichissantes qui m’ont marqué pour longtemps. C’est aussi pendant ces années qu’est née ma conviction. Je suis sûr de ce que je ne veux pas faire, et mieux informé sur ce qui m’attire.


Je vous passe le refrain devenu galvaudé du jeune qui veut absolument que son travail ait un “sens”.


C’est pourtant une phrase que je n’ai pas peur de prononcer, si je précise ensuite le sens que je veux donner à mes activités quotidiennes.


Parce qu’il y a urgence à redonner du sens.



Où en sommes nous ?


Notre système alimentaire est à bout de souffle d’une course inutile. Chaque jour les limites de ce que nos terres peuvent nous donner pour nous nourrir sont dépassées. Les miracles n’existent pas. Ces limites sont dépassées au prix de problèmes que l’on remet toujours à demain, jusqu’à ce que demain arrive.


Encore un énième cri d’alarme vous me direz. Pourtant la réalité est bien là.


Notre planète, notre société, notre monde, courent à leur perte. Plus besoin de grande justification là non plus. Il faut avoir grandi dans un monde hors sol sans se poser la moindre question et sans une once de curiosité pour le nier.



Quel rapport avec le métier de caviste ?


Revenons à mon apprentissage. J’ai choisi de travailler chez Mi-Fugue Mi-Raisin dans le 14ème arrondissement de Paris, pour des raisons liées à cette situation, et à ma passion.


Je pense que c’est avec ces motivations que j’en suis venu à apprendre ce métier aujourd’hui, dans une cave indépendante qui défend ces valeurs dont il faut se saisir.


Ici je suis apprenti, judicieusement formé par Arnaud et Pierre. J'apprends tous les jours un métier, celui de caviste. Jour après jour, je deviens un peu plus un passeur de vin. Notre rôle étant de faire le lien entre le vigneron et ceux qui savourent ses vins, entre le terroir et le verre.


Un bon 95% de la sélection est à minima en agriculture biologique, jusqu’à biodynamique. Les producteurs sont des contacts directs, pour plus de la moitié d’entre eux. Le reste de la sélection est approvisionnée par des agents comme seul intermédiaire.


Il y a de l’espace pour circuler, dans un lieu qui laisse une place appropriée au contact entre caviste et client. Ce cadre a son importance pour accueillir et entretenir cette relation entre producteurs et consommateurs.


C’est ainsi que tous les éléments sont réunis pour renouer ce lien perdu entre agriculteurs et consommateurs.


Ici nous n’avons pas peur d’expliquer pourquoi nous ne pouvons pas proposer de bouteilles à moins de 7€. Parce qu’il est normal d’être fier de pratiquer des prix juste pour tous. C’est bien la logique inverse qui s’opère dans la grande distribution française qui écoule encore 80% des vins produits.



Juste honnêteté


Quand je parle de prix juste, je prends en considération 2 composantes supplémentaires qui ne se retrouvent quasiment pas dans les obligations légales des bilans comptables : les valeurs humaines et environnementales mises en jeu dans le processus de production.


Parce que des prix toujours plus bas ne reflètent pas la triste réalité des externalités négatives. Ajouter au prix proche du sol, mais loin du terroir, la pollution des terres et des eaux, qui devront tôt ou tard être traités, grâce à des investissements en station d’épuration, en subvention pour aider les agriculteurs à (sur)vivre parce que plus grand chose ne pousse, et faire venir de plus en plus loin des produits que nous savions produire correctement tout près de chez nous ...


S’il n’y avait que ça, on pourrait dire qu’au pays de Lavoisier, on a oublié que rien ne se perd et rien ne se crée.


Mais heureusement, il est possible d’aller de l’avant. Ou plutôt revenir en arrière pour avancer vers un avenir durable et équitable pour tous.


Chez Mi-Fugue Mi Raisin, comme chez beaucoup d’autres cavistes indépendants de France et du monde, vous trouverez des bouteilles qui expriment tout le travail vertueux des vignerons de demain.



Aller de l'avant


Je ressens jour après jour que c’est une raison qui donne beaucoup de ce fameux sens à mon activité. Celle-ci permet à des agriculteurs qui œuvrent pour une agriculture durable en tout point de vivre de leur travail, en maintenant ce lien précaire qui nous lie à ceux qui nous font boire et manger chaque jour.


Vous l’aurez compris, je vis aujourd’hui de ma passion. Vous aussi vous avez sûrement une passion. Je ne peux que vous inviter à la mettre au profit de causes bénéfiques à notre avenir commun.